Pandeiro

Palito, embolador bahianais, rencontré à Salvador il y a quelques jours, fait une démonstration des différents rythmes qu’il exécute au tambourin (pandeiro) pour accompagner ses improvisations poétiques.

Embolada

Rencontre hier totalement inattendue entre Antonio Barreto, cordeliste, Elton Magalhaes cordeliste aussi et Palito, artiste de rue et éminent emboladero. L’embolada, c’est l’improvisation poétique accompagnée au tambourin (pandeiro). Ici Antonio et Palito se livrent à une joute, sous les arcades du Mercado modelo à Salvador. Ils improvisent sur une grille de 4 vers de 7 pieds. Chaque dernier vers doit être en « ar » et le premier vers de chaque strophe doit rimer avec l’avant dernier de la strophe de l’adversaire!… Je répète? Incroyable virtuosité intellectuelle et artistique. Le son n’est pas très bon, (l’endroit est cacophonique), l’image non plus (c’est difficile à filmer tant ça va vite, il faudrait deux caméras!) mais bon ça donne une idée…

Antonio Barreto

Antonio Barreto est un cordeliste bahianais auteur de près de 200 titres. Il habite Salvador mais est originaire du Sertao bahianais. la région nord de l’état. Imprégné de la culture de Santa Barbara, son village d’origine, de sa musique, des personnages de son enfance, il est venu nous rendre visite aujourd’hui à la résidence Sacatar. Il interprète ici sur le mode d’un « repente » (joute poétique accompagnée à la guitare ou au tambourin) l’un de ses cordels: 4 strophes de 10 vers de 7 pieds… Il y est question de l’infinie diversité de la parole, de sa force et de tous ses usages possibles en passant, évidement, par la poésie et le cordel…

Golopo a beira do mar

Elton Malaghaes, cordeliste bahianais lit un de ses Cordels de la forme dite galopo a beira do mar: strophes de 10 vers de 11 pieds qui se terminent toutes par « mar »… Ca envoie!…

Accessoire textile accablant et inutile

Le 9 Janvier 2016

Enfin la « chose » était arrivée. C’était le 9 de ce mois de janvier. On en était encore à se désespérer. Charlie hantait nos consciences mal menées, quelque part rodait Montrouge oubliée et un hyper casher mal surveillé. Bref, on ne se sentait pas bien à célébrer cette nouvelle année qui ne finissait pas de mourir de son passé.

Mais le colis était enfin arrivé… Oh, colis c’est beaucoup dire de le désigner ainsi… Non, c’était une simple enveloppe matelassée…anonyme dans son envoi…or, anonyme en ces temps incertains où le voisin côtoie le voyou si ce n’est l’assassin, anonyme donc veux dire méfiance, suspicion, contrôle, radiographie, scanner et tutti quanti.

Décollée avec une méfiance patiente mêlée d’une attente impatiente, l’enveloppe livrait une boite transparente bourrée d’un tissu noir et blanc à l’aspect quelque peu nauséeux, guerrier et chassieux. Deux indications contradictoires appelaient à la circonspection, sinon à l’appel aux pompiers, car qui mieux qu’eux pour sécuriser une conscience carbonisée par l’air du temps. Il restait cependant ce sens du ridicule, ce sens du devoir, cet héroïsme incontournable qui fait les bravades et conduit aux faux pas irrattrapables.

Lire d’abord les deux cartels antagonistes qui désignaient l’objet et décider ensuite de ce qu’il conviendrait de faire. L’agressivité de l’un, lettres noires sur fond rouge, quelque chose d’anar, d’explosif, quatre mots, « accessoire », « accablant », «  textile », « inutile », quatre mots provocants qui incitaient dangereusement à tirer le tissu du paquet. Nous voilà bien pensâmes nous en un instant où explosaient dans nos têtes saturées les munitions de tant de guerres non déclarées. Mais il y avait cette mise en confiance sereine, invitante : linogravure, sérigraphie, tissu, avec un identifiant rassurant, Cros pourtant. Et puis, 130 exemplaires ! Et là quelque part, on était fier d’en être l’un des attributaires…encore que, méfiance…Fleur de cactus 2015 était-il inscrit. Déjà, c’était l’année dernière, l’année honnie, n’était-ce pas un clin d’œil pervers ? De plus chacun sait que le cactus cache le venin de ses piquants derrière l’explosion carminée de sa fleur éphémère…Enfin, on se disait des choses comme ça…

Précautionneusement, le téléphone portable à coté de la main, nous tirâmes le tissu qui se développa hors de sa niche plastifiée. « Damned ! », c’était une ceinture qui n’était pas de chasteté, une ceinture d’explosifs… Non, une ceinture factice d’explosifs. Enfin pas vraiment, une ceinture d’explosifs explosés. Le travail avait été fait. Les corps noirs s’étalaient à la terre, allongés, accroupis et tordus. Et bizarrement ils dégageaient une certaine sérénité, c’est-à-dire qu’ils nous parlaient, que derrière une certaine désespérance ils vivaient. Se ceinturer de cette ceinture explosive qui n’exploserait plus jamais mais qui brusquement se teintait d’hommes rampants, venus d’une autre marée, glissants sur la grève mouillée d’une terre inutilement espérée…Oui, ils venaient là, que pouvaient-ils y faire, que pouvait-on faire ?…. Que pouvait-on se dire en ce début d’année où l’imprévisible côtoyait le désir de vivre.

Piotr

Télématin 22 aout

Une vidéo extraite de l’émission Télématin sur France 2 du 22 aout dernier. Il y est question d’Horizons, la manifestations dans le cadre de laquelle j’ai construit « zone de turbulences manifestement aggravées »

Retour sur le parcours de fées

Ci dessus la vidéo de Nicolas Winz et Yoko Nguyen qui retrace une partie de la résidence à Crévoux dans les Hautres Alpes en juillet dernier et qui a donné naissance au « Parcours des fées » 2015, accessible jusqu’à la fin du mois.

Un Mercredi à midi

NOUS SOMMES TOUS CHARLIE

Il l’avait attendu, l’œil rivé au mail, s’égarant sous la porte palière où la concierge, rescapée de temps anciens, glissait chaque jour le courrier. Il avait guetté la sonorité étouffée de la sonnette d’entrée au cas ou arriverait un paquet égaré. Il avait affûté sa plume et son esprit, mais affûté sur quoi ? Le contenu de ce qu’il attendait, il ne le connaissait pas et d’ailleurs, devait-il attendre quelque chose ? L’objet incertain ne manquerait-il pas, faute d’une absence d’imagination de son créateur ? Mais cela ne se pouvait pas. Alors, il laissait son esprit vagabonder, confiant dans cette attente de début d’année.

C’était un mercredi, le premier mercredi du mois de la nouvelle année. A midi, la sirène, comme d’habitude avait retenti, hululement sinistre dans le brouillard gris d’une journée de janvier, modulée, cinq à six fois, peut-être un peu plus et le ton emphatique était redescendu et s’était effondré. Déjà l’on attendait la fin de l’alerte dans le glapissement d’avertisseurs de pompiers, d’ambulanciers ou de policiers… On ne savait pas trop, mais quelque chose disait qu’ils étaient plus nombreux qu’une journée d’habitude. D’ailleurs, par habitude elles aussi, les cloches de l’église voisine s’étaient mises à carillonner comme chaque jour l’Ave Maria de midi. La cloche ne se départit pas de son ton monotone… tonne, tonne, tonne. Elle ralentit son rythme au bout de quelques minutes et se tait lentement, comme à regret. Des enfants crient et se chipotent un peu plus bas dans l’escalier, des pas tapotent le parquet de l’appartement du dessous. Un piano maladroit égrène ses notes hésitantes, une gamme montante, une gamme descendante…fa-mi, ré-do. Des voix assourdies, des échanges inaudibles, de nouveau l’alarme des pompiers, des grondements obscurs montés de la rue encombrée. On se prend à attendre la fin de l’alerte, à penser à ceux qui auraient été là en d’autres temps, réfugiés dans le tunnel profond du métro, serrés là, les uns contre les autres, bébés criards, enfants agités, vieillards résignés, adultes compassés

Là-haut, à l’air libre, le brouillard s’affirme. On voit à peine, du balcon humide, l’autre côté de la rue. Le temps s’éternise, palpe les esprits, retourne des pensées insoumises. Il est douze heures dix. Le mugissement de la sirène enfin qui s’enfle, grince quelque peu, irradie les oreilles et retombe en un gémissement désuet. C’en est fini de cette alerte qui n’en était pas une. La sirène attendra le premier mercredi du prochain mois.

Et puis voilà, c’est à ce moment arrivé. L’enveloppe glissée sous la jointure de la porte, saisie et précipitamment ouverte. Un « FLIP » encré de chine sombre, un rien provocateur, un rien interrogateur. Et puis, une carte à gratter, trois êtres serrés, les doigts crispés, le visage incertain, jaillis d’un horizon lointain torturé d’arbres calcinés. Selon qu’on la regarde, la femme, usée par la vie exprime sa surprise et sa détermination face à un danger que l’on ne connaît pas. Elle enserre ses enfants. L’un, craintif ouvre des yeux stupéfiés, les ferme avec un rictus méprisant. L’autre, après avoir pris la mesure de la menace, ouvre la bouche en un aboiement dérisoire et menaçant. Qu’ont-ils découvert ? De quoi cherchent-ils à s’échapper ?

Le mouvement fascinant de la carte à gratter donne libre cours d’abord à une terreur impuissante puis à une détermination vitale.

Dans le jeu lumineux de la carte à gratter, la radio ronronnante laisse échapper le jingle des informations. Il est midi et demi sur France Culture, ce devrait être un jour ordinaire. C’est Charlie lapidé, Charlie assassiné, Charlie décapité, et ces cons que Charlie avait si bien dénoncés. Sur la carte grattée, une femme exprime sa force et sa haine, un enfant rugit de colère, l’autre est tétanisé de stupeur.

Tous semblent nous dire à ce moment là  « Nous sommes tous Charlie »

Piotr

Manège misère #1

Projet pour la ville de Riorges près de Roanne. Un manège en matériaux de récupération et toujours un système de cloches musicales dans le plateau. Là c’est juste la maquette incrustée dans une photo du lieu où aura lieu la manifestation à laquelle je propose cet objet de 4,5m de diamètre et 4 de haut avec personnages gravés à la tronçonneuse…

Comment faire un portrait au rouleau compresseur?

En juillet 2012, grâce à l’équipe municipale de Faux la Montagne (Creuse) j’ai eu la possibilité de réaliser deux gravures à la tronçonneuse et d’en faire des tirages sur tissu et papier avec le rouleau compresseur de la commune voisine. A l’époque, s’organisait dans le village une lecture intégrale des Misérables de Victor Hugo. Mes deux images (Cosette et Thénardier) étaient destinées à servir de décor à la performance…

Les amants giratoires

La boîte à musique géante « les amants de Mayronnes » est en place depuis dimanche sur le sentier sculpturel de Mayronnes, petit village niché dans le fond d’une vallée des Corbières dans l’Aude (20 minutes au sud de Carcassonne). Il y a le vent, la garrigue, les vignes et des danseurs de bois… L’inauguration officielle de ce parcours de randonnée pédestre ponctué de sculptures, aura lieu le 12 mai prochain et durera tout l’été. Si vous êtes, ou passez dans le coin, ne le ratez pas…

Mon installation m’a révélé une heureuse surprise. Je  pensais qu’il faudrait lancer le manège à la main pour le faire tourner et déclencher la mélodie, mais une fois en place, il est apparu que le vent lui même provoquait le mouvement et que la sculpture tournait toute seule… Qui plus est, dans le bon sens. Une somme de petits miracles!

Merci à Jean Louis, Jean Baptiste, Jean Paul, Vincent, Patrick, Servane, Catherine, Edward, Nicolas, Marcello de les avoir rendus possibles…

Le tutoriel

Pour ceux qui veulent réussir une belle parabole de l’autocuiseur, voici enfin disponible le tutoriel vidéo gratuit.

Jean Perdrizet Nobel de l’Art Brut

Une petite video que je viens de réaliser sur l’expo Jean Perdrizet qui se tient à la galerie Christian Berst à Paris jusqu’au 10 mars. Perdrizet, à la fois scientifique et artiste a produit une quantité incalculable de plans tous plus délirants les uns que les autres…

</p> <h2>Jean Perdrizet, Nobel de l&rsquo;Art brut</h2> <p>Qu&rsquo; un Balancé spatiale pour hélicoptères puis Astronet le lait ou de la machine à penser la résistance liquide le robot ouvriers qui voient des formes par couple de vecteur aux étoiles futur ambassadeur l&rsquo;Humanité heu à l&rsquo;Espace Puis il aussi aux graffeurs AFTRI CSIRO un conseiller géométrique heu analytique Il a enfin heu La transgression des limites heu de la science avec les machines à écrire avec l&rsquo; au-delà Appelée également planchette Spirit Aujean Perdrizet est né en dix-neuf cent cette Immorente dix cent soixante-quinze il était adjoint des ponts-et-chaussés mais n&rsquo; a pas connu une carrière professionnelle très longue parce que +BREATH+ quand on a décelé heu assez tôt dans sa carrière des troubles mentaux qui l&rsquo; ont écartée +BREATH+ deux heures de toute activité +FW+ est A ce moment là il s&rsquo; est entièrement consacré à une activité de vente heure +BREATH+ il y a un et A Comme il y a un nombre incalculable de plantes +BREATH+ Kyle heu dont il gratifiait toute la communauté et scientifique Si quelqu&rsquo; un il y a une vue dont celui de formation scientifique +BREATH+ c&rsquo; est bien réel intérêt au sens où il veut s&rsquo; informer et de toutes les découvertes qui s&rsquo; est faite à travers la presse spécialisée +BREATH+ il Il avait également de nombreux efforts avec des chercheurs des scientifiques de son époque +BREATH+ et ça pouvait être aussi bien la Nasa que des chercheurs du CNRS souhaite que le comité du Prix Nobel puisque +BREATH+ il a rêvé de leur hausse Voir et heu +BREATH+ le soir même le Centre national des études spatiales il est certain de ses institutions la plupart d&rsquo; entre elles d&rsquo; ailleurs conserve donc je marche Ces documents des Blancs qui ont été envoyés par terre Perdrizet quelqu&rsquo; il soit qu&rsquo; ils soient heu purement technique dans le sens de cette liste Et de proposer un nouveau heu +BREATH+ un Un nouveau modèle d&rsquo; hélicoptère dans un même modèle de fût CE n&rsquo; est également un Des tables Spirit avec lesquels il discutait avec de la Toussaint démontre qu&rsquo; il n&rsquo; souhaitait S&rsquo;affranchir des limites alors ses limites ce sont celles de la science bien évidemment de la physique Le mais également d&rsquo; une certaine manière les mises FFS beaucoup il fait le point commun est effectivement l&rsquo; abolition des ministres le préfet de la science nos positions de heu de la mort en Est ce que ces dollars que celle de la science J&rsquo;ai envie de dire que l&rsquo; <a href="http://www.universcience.tv/nom-art-brut.html">Art brut</a> n&rsquo; a pas accroché dans la mesure Nous heu on est dans une sphère reur une La transgression est finalement la règle +BREATH+ donc heu on est finalement très à la raison +BREATH+ pour présenter +BREATH+ un scientifique qui a transgressé les règles de la science est un artiste qui transgressent les règles de la Vous vous </p> <p>

L’infranchissable croûte du monde

Paolo, l’ami italien, nous a raconté qu’un récent scandale à secoué le pays. Les grandes marques du luxe péninsulaire, Gucci et autres Prada ont été prises la main dans le sac: elles font bien fabriquer leurs produits dans le pays mais par de la main d’oeuvre payée une misère qu’elles font venir de… Chine. Elles peuvent se targuer d’un authentique « made in italy » et s’en mettre plein des fouilles sur le dos d’esclaves acheminés par charters depuis les campagnes du Millieu… On peut même aisemment imaginer qu’y a pas qu’en Italie que ça se passe d’ailleurs…

Flash back

Oui, je sais, ça sent un peu le réchauffé mais nous n’avions pas encore eu le temps de terminer le petit film faisant le récit de la gravure de la palissade en juillet dernier à Limoges. C’est chose faite maintenant! Ca dure 11 minutes, peut être que ça va un peu ramer sur votre ordi le temps que ça charge. Soyez patients! Pour ceux qui veulent voir le film avec une meilleure image et un meilleur son, j’ai aussi des DVD à votre disposition…

Ecorce et vifs

Quelle est la cause de leur fuite? Y aura-t-il un « happy end » à cette poursuite infernale? Est-ce une scène tragique ou burlesque? Le visiteur est invité à parcourir ce cinémascope de planches et à imaginer quelques réponses possibles…

Le seul moyen pour garder une trace de la palissade que j’ai gravée dans le parc d’Auzette à Limoges en juillet dernier était de la filmer en travelling. Impossible d’en faire une photo générale lisible. Trop long (30 m) par rapport à la hauteur (2,30 m)!
Pour voir des détails de l’oeuvre, aller dans la rubrique « Galeries » et cliquer sur « Limoges 2008 ». Pour lire le journal de la création, aller dans « Archives » et cliquer sur « juin et juillet 2008 ».
Commentaires bienvenus…

La puntada!

Une petite vidéo-souvenir de la gravure d’une palissade à Limoges en juillet dernier. Ca dure une minute. La chanson c’est un extrait de « La puntada » un corrido mexicain de Astrid Hadad (Album El calcetin, Discos Continental MECDD 2226, www.worldmusic.net) J’adorrrr!
Merci à Jean Paul qui a eu l’idée de cette petite animation
Avant, ce billet s’appelait « viva la muerte » j’avais fait une erreur politique impardonnable (voir le commentaire)

Pages planches

Voici une petite video concoctée par mon fidèle et dévoué frangin montrant comment je m’y prends pour graver à la tronçonneuse et présentant quelques-unes de mes planches exposées dans le parc de Belleville à Paris il y a un an. Ca dure 5’30 alors parfois, ça met un peu de temps à se charger. La première lecture peut être entrecoupée de périodes de chargement intempestifs mais la seconde est en général la bonne et à partir de là on s’en lasse plus! Sur un panel de 1200 personnes de 10 à 75 ans on a constaté que l’interêt commence à fléchir à partir de la 64ème vision…